Témoignages : l’impact de l’état d’esprit

La sécurité dans le secteur du BTP
René Rupert a participé en Suisse à une étude destinée à repérer les causes principales des accidents dans le secteur du BTP. Cette étude a fait apparaître le manque d’usage des atouts que sont la formation et les équipements par cause d’indifférence; le manque d’intérêt pour le travail ne permet pas d’atteindre le niveau d’attention minimum. Le lien de cause à effet entre indifférence et taux d’accident a été démontré. Ainsi mettre en place des séances, de 10 minutes le matin à l’arrivée sur le chantier, ressemblant à de l’échauffement musculaire en musique, avec pour but de faire adopter aux compagnons participants un nouveau regard sur leur travail, a permis de les « réveiller » et de divisé par 10 le taux d’accidents.

En effet, la sécurité s’améliore si les compagnons exercent un œil attentif pour eux-mêmes et encore plus si chacun veille sur l’autre. Pour cela l’intérêt dans le métier, les projets et surtout les collègues participent à améliorer la vigilance et à réduire les accidents. Ce qui fut expérimenté dans ce cas est la danse, qui a très bien fonctionné, malgré le scepticisme initial. Mais il est permis d’imaginer que dans d’autres contextes moins physiques, des séances de chant auraient des effets individuels et collectifs également très intéressants pour favoriser l’implication. Ce type d’ateliers, dans un environnement global d’attention, concourt à l’idée que finalement l’entreprise prend soin de soi, à satisfaire le besoin d’appartenance par le partage de moments particuliers.

Parmi les témoignages recueillis lors de cette intervention figure celui d’un des chefs d’équipe participants aux séances (sur la vase du volontariat) :
« C’est un moment privilégié. Ça met tout le monde au même niveau, chef ou pas chef. On peut se moquer gentiment l’un de l’autre, ça demeure fraternel, ça crée des liens ». Quant à celui de l’infirmière animatrice de l’atelier « je constate que de mettre les compagnons de bonne humeur a autant d’impact si ce n’est plus que les échauffements ».

D’autres témoignages sur l’application de la Boussole du management recueillis au cours des quinze dernières années et des quelques 40 organisations dans lesquelles la méthode été appliquée :
« c’est une base rassurante pour la prise de décision…. »
« ça facilite la discussion entre nous, directeurs, et avec les syndicats. Ce n’est plus celui qui parle le plus fort qui décrit le terrain. Le terrain est objectif : ce sont les réponses des employés à des questions neutres ».
« ça montre la multiplicité des opinions possibles à certains qui ne veulent voir le monde que depuis leur point de vue ; en ce sens, ça fait avancer plus vite, on n’a plus les discussions sur la réalité des faits »
C’est avec ces diagrammes que j’ai réussi à ouvrir les yeux de ma direction ».
« La pertinence de ces diagrammes est étonnante. La corrélation entre performance et autonomie des troupes est bien réelle »